80% des parents auraient un enfant préféré

Récemment, je suis tombée sur un article passionnant du Monde intitulé « L’enfant préféré, tabou familial« .

Dans cet article, paru à l’occasion de la sortie du livre « L’enfant préféré, chance ou fardeau? » (Belin), l’une des auteures, Catherine Sellenet, (prof,psychologue, sociologue) explique que dans nos sociétés, il est extrêmement mal vu de préférer l’un de ses enfants par rapports aux autres. Selon elle, « la préférence parentale est en effet un phénomène indicible, qui dérange, qui se vit honteusement. » Elle parle même d' »omerta« .

Et pourtant, à l’issue d’entretiens réalisés avec des parents, elle affirme dans son livre qu' »il semble très fréquent de préférer l’un de ses enfants. 80 % des parents que nous avons interrogés se sont révélés dans ce cas. Certains, qui niaient être concernés au départ, en ont pris conscience au cours de l’entretien. »

80%! C’est énorme! Evidemment, toujours selon l’auteur, il faut soigneusement décrypter les discours pour identifier le favoritisme. « Souvent, ce sentiment préférentiel n’émerge, après bien des dénégations, que dans les pointillés des discours, dans une hiérarchie subtile dont témoignent les descriptions (…) La préférence va d’abord à l’identique, au mimétisme physique ou psychique, à ce miroir teinté de narcissisme. Il y a quelque chose de la poursuite de soi en l’autre. Les parents parlent d’« affinités », terme socialement plus acceptable. Il y a aussi ce que nous appelons la « préférence gagnante ». Le parent projette dans l’enfant le plus brillant ce qu’il n’a pas réussi à faire lui-même. »

 

 

J’ai trouvé cet article dérangeant parce qu’évidemment, en tant que parent, j’essaye de ne pas faire de favoritisme. C’est pourquoi ce chiffre de 80% me paraît incroyable (il faudra que je lise le livre pour y voir plus clair).

D’ailleurs, honnêtement, je n’arrive pas vraiment à y croire! Je pense qu’en décryptant à outrance le discours de tout parent, on peut y voir du favoritisme. Mais il me semble qu’il va fluctuer en fonction des activités, du moment de la journée, de l’humeur des enfants…

Par exemple, prenons le cas de deux enfants (ce cas clinique passionnant n’est pas rédigé par une sociologue clinicienne, je vous prie de m’en excuser…). Le matin, au moment de partir pour l’école, l’une (Cunégonde)  met 3 heures à se préparer, l’autre (Anastasia), 3 minutes. Résultat: Cunégonde se fait engueuler, pas Anastasia.

Le soir, prenons les mêmes charmantes enfants. Cunégonde met 3 minutes à se coucher, Anastasia se lève 25 fois sous des prétextes de plus en plus délirants. Résultat: Anastasia se fait engueuler, pas Cunégonde.

Donc je dirais (et ne me jetez pas la pierre SVP) qu’en général, oui, le matin, je préfère Cunégonde, et le soir, Anastasia. Et que j’espère que ça s’équilibre… Mais un psy me dirait surement que je dois consulter d’urgence.

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Et vous, que pensez-vous de ce chiffre étonnant? Arrivez-vous à y croire, avez-vous déjà été confronté(e) à ce phénomène? Ca donne à réflechir, vous ne trouvez pas?

 

 

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2 réflexions au sujet de « 80% des parents auraient un enfant préféré »

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